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01 juillet 2009

Exercice de remerciements

Il y a deux ou trois semaines, j'ai feuilleté un numéro de l'Express consacré au bonheur. Malheureusement, je ne l'ai plus sous la main : ce n'est que maintenant qu'il me faut rédiger ma dernière note de la "saison" (vous avez remarqué cette récente manie des animateurs radio de parler de leur "saison", "Et pourtant elle tourne, saison 3" ? ) que j'y repense. Il y avait dans le dossier un entrefilet écrit par Christophe André, psychiatre de Sainte-Anne et auteur de nombreux livres. Il préconisait 5 leçons pour être heureux. Je ne m'en souviens que de 3 (j'ai fait des recherches sur Internet, ai lu tout le blog de Christophe André pour les retrouver, en vain :  si vous retrouviez l'article et que vous me donniez les 2 qui me manquent, j'en serais ravie).

1. Se tenir droit (je sais, c'est bizarre mais je suis sûre que c'était écrit)
2. Sourire (j'en suis bien convaincue)
3. Dire merci : c'est ce dernier point qui m'a vraiment interpellé.

Christophe André recommande de pratiquer de façon hebdomadaire un "exercice de gratitude", "vertu qui consiste à se réjouir de ce que l'on doit".  Alors, avant de me séparer de mon clavier pour l'été, je me lance et récapitule en vrac tous les sourires et mains tendues reçus cette dernière semaine.

Merci à mes chéris (je la joue discret, ils se reconnaîtront, mais prétendent de pas aimer que je parle d'eux ici).

Merci à A. qui a envoyé ce mail chaleureux à tous les amis de son carnet d'adresses : j'ai admiré son initiative pour faire en sorte qu'un mois d'août désolé devienne un mois de rencontres au soleil : pour une fois qu'on sera débarrassés du stress qui nous tient le reste de l'année.

"Les obligations professionnelles de F. nous obligent à prendre nos vacances durant la 2ème quinzaine de juillet et donc pour moi à affronter un long mois d'août seule à Paris.Transformons cette contrainte en occasion de nous revoir ! Vous n'êtes pas toutes et tous en vacances en continu du 30 juillet au 6 septembre (encore que je vous le souhaite !!!). Donc n'hésitez pas à vous manifester durant cette période : cela me donnera l'occasion d'aller aux 4 coins de Paris et même de l'Ile de France pour un déjeuner amical...ou une pause à l'heure du thé."

Merci à l'homme de 89 ans, mon beau-père depuis 33 ans, qui m'a offert une des émotions les plus pures de ma vie. Après avoir laissé son épouse à la morgue de l'hôpital et nous être agités toute la journée, nous nous sommes retrouvés tous deux seuls, épuisés, à improviser un dîner dans sa cuisine. Il m'a pris dans ses bras et demandé de le tutoyer.

Merci à l'équipe médicale qui a épargné à ma belle-mère un acharnement thérapeutique.

Merci à nos amis M. dont la vie nous avait éloignés qui nous ont invités à partager un barbecue dans leur joli jardin pour nous réconforter. Je me suis demandée comment nous avions pu nous passer ces dernières années d'autant de sollicitude affectueuse.

Merci à Christophe André : la pratique du "Merci à ..." a illuminé ma soirée et rechargé mes batteries. Suffisamment pour envisager de reprendre l'écriture sur ce blog à la rentrée : bonnes vacances et rendez-vous en septembre.

Exercice_remerciement

23 juin 2009

La dernière fête

Derniere_fete

Il y avait longtemps que je craignais d'avoir à prendre en charge une réception post-enterrement. Ce jour est arrivé. Je confirme : pour le court terme, on se retrouve en face des mêmes questions que pour toute autre fête. Enfin presque. 

La liste des invités
Pareil
N'oublier personne, éviter l'incruste de ceux qui n'ont pas donné de nouvelles depuis des années et se réveillent subitement, comme attirés par la vue du buffet des larmes.
Différent
Confrontés à la mort, s'interroger sur les vrais motifs des embrouilles familiales. Se torturer pour deviner si vraiment elle aurait souhaité une réconciliation à la porte du cimetière.
Le goûter après la cérémonie.
Pareil
Grimper sur l'escabeau à la recherche des cartons de verres mis en réserve, acheter des assiettes en plastique, commander les gâteaux. Alsace oblige, les kougelhopfs. Le café, le Perrier, etc. La routine.
Différent
Me sentir perdue car, depuis mon mariage, c'est auprès d'elle que j'avais l'habitude de vérifier les quantités (et aussi les recettes).
Le cadeau
Répondre aux sollicitations qui affluent. Dire que pour la décoration tombe, il y aura assez de fleurs. Organiser la collecte des chèques pour le cadeau commun la recherche médicale, conformément à son souhait.
La musique
Solliciter les musiciens de la famille pour jouer son air préféré à l'apéritif l'église.
La photo souvenir
Pareil
Feuilleter les albums photos et consulter les fichiers images pour sélectionner la plus charmante.
Différent
Se convaincre qu'il n'y en aura plus d'autres.
Les hommages
Pour les anniversaires, on parodiait Joe Dassin, à la rigueur Georges Brassens.
Aujourd'hui, paralysés, on s'en remet aux grands classiques, Péguy, Baudelaire et Hugo. Le curé s'impatiente.
Les remerciements
Pareil
Remercier tous ceux qui ont témoigné de leur affection en ces circonstances.
Différent
Être emplie de gratitude à l'égard de celle qu'on fête enterre pour ce qu'elle lègue et dont j'ai profité, directement ou par personne interposée : un fils, que j'ai épousé, une fille merveilleuse, une ambition subtile, un sens aigu de la dignité, l'idée fixe de former une famille unie, au sein de laquelle j'ai été accueillie.

 
Photo Liivian taloosa

16 juin 2009

Nul n'est prophète en son pays

1. J'ai pas le droit de parler de lui sur mon blog.
J'ai promis. Donc, ce n'est pas de lui que je parle, mais de moi, rien que moi, qui m'auto-congratule quand je le regarde, lui.

Prophete

2. J'ai pas le droit de lui prodiguer mes petits conseils avisés pour la préparation de la fête (même pas un tout, tout petit).
Je suis sûre que, quand il a proposé à ses 30 camarades de classe d'organiser la fête de fin de lycée à la maison (pendant notre absence), il n'a pas une seconde douté que ses parents seraient d'accord, ni craint de ne pouvoir faire face. Mais il a dû penser "il n'y a qu'un seul problème dans cette affaire, c'est d'empêcher la rédactrice de Organiser fêtes (moi) de s'en mêler".

3. J'ai même pas eu droit de partager le "debriefing".
Pourtant, il n'y a rien que j'aime autant, épiloguer sans fin sur tout ce qui s'est passé au cours d'une fête. J'en suis même venue à interroger une lectrice de notre forum qui sortait tout juste d'une grande réunion familiale et s'est prêtée volontiers au jeu. Faut croire que je n'étais pas sa mère. Chez moi, deux jours après la fête, je n'ai que des pauvres indices, des bouquets de fleurs sur la table, des restes de pastèque et une bouteille d'Orangina dans le frigo. Devoir me contenter d'un "tout s'est très bien passé, maman" sans appel, coupant court à mes autres questions est le prix à payer de l'immense fierté d'avoir un fils infiniment responsable et farouchement indépendant.

La rançon du succès, en quelque sorte.

09 juin 2009

Retour sur 12 ans de montages photos et vidéos

Quand notre fille aînée s'apprêtait à fêter ses 18 ans, j'avais eu envie de créer pour elle un poster de son arbre généalogique qui inclurait les portraits de ses différents ascendants. J'avais collecté les photos et, bien décidée à utiliser les technologies nouvelles, avais investi dans un scanner. En janvier 1997, j'avais posé la photo sur la vitre en attendant le miracle mais j'ai tout de suite été arrêtée par la question "voulez-vous sauvegarder en .jpg ?". Après quelques soirées d'essais vains, j'avais renoncé et créé le tableau en collant les photos et en écrivant à la plume avec de très jolis pleins et déliés. Il n'y a a qu'un exemplaire unique. 

Quatre ans après, grand bond en avant, j'étais prête à confectionner pour les 20 ans de notre second enfant le Livre de G. des origines à nos jours, édition 2001 sous le logiciel  Word. Je réussissais à créer une page pour chacune des années passées en créant des blocs texte pour légender les photos.

Montage_photos_guill  

La révolution numérique était en marche ! En 2003, rebelote pour les 18 ans de notre numéro 3. Avec l'aide de numéro 4 alors âgé de 12 ans (qui, lui, appartient à la génération écrans/souris), et du logiciel Photoshop, je pouvais encore monter en gamme : nous voilà devenus capables de créer un pseudo-journal, avec des rubriques inspirées de Femme actuelle rédigées par tous les membres de la famille et les amis : mode, santé, astro, petites annonces, psycho, courrier des lecteurs, ...

Montage_photos_pauline

Et en 2009 ? Les vidéos ont envahi les blogs. Je voudrais bien suivre le mouvement. Eh bien, ce n'est même plus la peine de se casser la tête : il nous est désormais proposé des petites vidéos toutes faites dans lesquelles il n'y a qu'à saisir le nom et le prénom du héros de la fête.

Incroyable et un peu frustrant, non ?

J'en profite pour souhaiter un très bon anniversaire à mon très, très cher lecteur Emile Ernest.

02 juin 2009

Préparer un repas de fête

Une enquête a été réalisée auprès de 1000 sujets représentatifs de la population française de 20 ans et plus afin de savoir ce qu'évoque pour eux le fait de cuisiner pour un repas de fête et de comprendre les représentations qu'ils s'en font.

Cette étude a été menée par Geneviève Cazes-Valette dans le cadre du colloque organisé par elle en décembre 2005 autour du thème "Faire la cuisine" à l'ESC Toulouse. C'est aussi ce colloque qui avait mis en valeur que le temps passé derrière les fourneaux semblait se stabiliser en France depuis 1997.

J'avais pris contact avec Geneviève (qui est docteur en anthropologie sociale et responsable du mastère marketing agroalimentaire à l'ESC Toulouse) parce que je voulais en savoir plus, ce qui m'a donné l'occasion d'une rencontre très sympathique. Son analyse sur l'avenir des traditions culinaires en France est moins optimiste que je ne l'avais imaginé.

Je recopie ses conclusions. 

"Le repas de fête est un moment de convivialité, mais aussi de représentation sociale où le contenu des assiettes n'est qu'une des dimensions de la s
cène qui va se jouer. Entrent en jeu des considérations sociologiques et le désir de se conformer aux attentes et aux usages sociaux (faire "comme il faut") mais aussi de triviales questions de compétences et moyens financiers (faire "comme on peut") et des choix personnels dans la façon de se mettre en scène (faire "comme on veut"). Même si cela suppose organisation, prévision et efforts particuliers, cuisiner un repas de fête donne du bonheur aux organisateurs, qui anticipent le plaisir des convives

Preparer_diner_fete

Au-delà de ce portrait général, trois sous-groupes émergent :
les "stressés" (18,7%) peu enthousiastes à l'idée de préparer un repas de fête et s'en s'abstenant volontiers,
les "pratiques" (30,1%), très centrés sur la composition d'un menu d'exception,
et les "festifs" (50,1%), heureux et soucieux d'offrir à leurs invités un moment de convivialité".

A priori donc, pas d'inquiétude, les festifs restent majoritaires. Et si on rajoute le succès des livres et des émissions de cuisine, le carton de "Un dîner presque parfait" qui me paraissait signe d'une désaffection envers les restaurateurs et traiteurs, la prolifération des blogs culinaires, on pourrait être rassurés sur l'avenir de la cuisine de fête à domicile ?

Pas du tout, rétorque Geneviève.
1. Le succès des livres et des émissions ne signifie nullement qu'on mette réellement la main à la pâte. Bien au contraire : plus on achète de livres, moins on cuisine !
2. Le groupe des stressés, encore minoritaires, se décompte prioritairement parmi les jeunes et les classes sociales élevées, ce qui pourrait à terme en faire des modèles pour l'ensemble de la société. 

C'est pas gagné, alors ?


Photo Anthony Voisin

26 mai 2009

Il y a une vie sans Claude Sautet

- Deux billets pour Charleville Mézières, s'il vous plaît, ...
- Vous êtes fous, ou quoi ? Vous vous rappelez pas qu'Arthur, il s'est barré vite fait, d'une ville aussi déprimante ? Z'avez-vu qu'il pleut tous les week-ends depuis le début du mois ? Vous feriez pas mieux d'aller dans le Lubéron ?
- Pas du tout, nous on aime bien quand il n'y a pas trop de monde, on aime bien l'Est, pas seulement l'Alsace, les Vosges aussi ; et les Ardennes, ils en ont fait la promo dans le Nouvel Obs.

Chemin_halage_guy

- La "voie verte" pour Monthermé, c'est par où ?  on demande au loueur de vélos de Charleville, après deux heures de train.
- Au Conseil général, ils nous ont dit,  "l'industrie, c'est foutu, aujourd'hui faut tout miser sur le vert" mais ils n'ont pas encore fléché la route pour se rendre d'ici au départ de la Trans-Ardennes (85 km de superbe piste cyclable le long de la Meuse jusqu'à Givet).

Alors, tous les deux, on pense : "c'est comme nous, la vie de compét', c'est foutu, maintenant nous aussi on mise sur le vert".

Et il a bien fallu enfourcher les vélos avec nos sacs à dos.

Chemin_halage_guy_velo

Et pédaler, pédaler, sans rencontrer âme qui vive. L'air était encore frais, les bords de l'eau paisibles.

Chemin_halage_cheminvide


Au détour d'une route, on a encore croisé quelques tentations, témoins de rêves d'autrefois.

Une Triumph de l'Amicale des Spitfire faisant étape à la Roche des Sept heures de Monthermé qu'on avait grimpé à pied.

Chemin_halage_spitfire

Une maison couverte de vigne où on aurait pu, en d'autres temps, imaginer de recevoir les enfants et les amis façon "Claude Sautet" : gigot, tarte aux pommes et balle au prisonnier après le café.

Chemin_halage_maison

Mais non, mais non, ce soir, on dort à l'Hôtel franco-belge et on prend le menu du terroir : terrine de sanglier, parmentier de sanglier, crème au sanglier brûlée. Si on n'aime pas le sanglier, on peut changer avec le boudin blanc.

Chemin_halage_guy_restau

- Après tout ça, la bière, on y a quand même droit quand elle est produite en local (L'oubliette de la brasserie de Charleville) ? 


P.S. Du coup, j'ai ouvert un nouveau classeur (je suis accro aux classeurs "projets"), celui-là intitulé "Chemins de halage" car nous avons bien l'intention de poursuivre ces découvertes à vélo. Prochaine étape, des fois qu'on aurait que moitié confiance dans la météo dans l'Est : le canal du Midi.

19 mai 2009

Le temps consacré à la cuisine et aux repas

J'ai raté la démonstration culinaire du Risotto aux légumes de printemps que présentait le chef du restaurant I golosi à l'Université populaire du goût à Argentan.

C'est dommage car je voudrais bien participer une fois aux rendez-vous initiés par Michel Onfray. Celui-ci s'était attaqué à la fracture culturelle dès 2002 (date où Le Pen était apparu sur notre télé comme candidat au second tour de l'élection présidentielle) avec son séminaire gratuit et ouvert à tous d'histoire de la philosophie à l'Université populaire de Caen.

Depuis 2006, il lutte aussi contre la fracture du goût : il a ouvert avec un groupe d'amis à Argentan (sous-préfecture de l'Orne) un jardin potager d'insertion où on cultive des bons légumes et organise périodiquement des journées de découverte d'un produit (le petit pois, le topinambour, le panais) ou d'un pays (samedi dernier, l'Italie) : on assiste à la préparation d'un plat en public par un grand chef, l'accès est libre et tous publics.

Du coup, j'en ai profité pour relire l'analyse qui l'a conduit à monter ce projet (un petit article écrit par un philosophe, ça peut pas faire de mal, l'épreuve du bac approche pour un de mes lecteurs chéris) :
1. son amour des bons produits qui ne devraient pas être réservés aux seules élites ;
2. l'obésité, la mauvaise nutrition, la restauration rapide qui concernent en priorité les personnes aux revenus modestes ;
3. le temps consacré à la cuisine réduit comme une peau de chagrin, ce qui explique le recours aux plats préparés à réchauffer au micro-ondes.

Les explications qu'il donne à cette dernière évolution sont, je cite  : les horaires de travail, le temps passé dans les transports, les familles mono parentales, la fin des familles où la grand-mère transmettait son savoir-faire culinaire, la boulimie de consommations d'images virtuelles. Il conclut : "La table comme lieu de convivialité et de plaisirs partagés laisse place à la corvée raccourcie afin de rejoindre dans les meilleurs délais le canapé devant la télévision ou la souris de son ordinateur".

Qu'en est-il statistiquement ?

Le Panorama de l'OCDE pour 2009 indique que les Français passent plus de deux heures à table à boire et à manger (plus que tout autre pays de l'OCDE, deux fois plus que les Américains et les Canadiens).

Et une seconde étude, réalisée en 2005 pour le colloque "Faire la cuisine" initié à l'ESC Toulouse, montre que, tant pour la cuisine de fête que pour la cuisine au quotidien, il n'y a pas de baisse du temps de préparation des repas depuis 1997.

Pas si mal donc mais ces chiffres sont des moyennes qui dissimulent sans doute des disparités générationnelles et surtout sociales qui justifient le combat de Michel Onfray.

Temps_cuisiner

12 mai 2009

Quatres vérités sur les kermesses d'école

Voilà deux jours que j'ai entrepris d'écrire pour Organiser anniversaire une série d'articles sur l'organisation de kermesses et qu'une tonne de souvenirs de fêtes vécus sous les platanes d'une cour d'école parisienne me submergent.

1. Pour commencer, la version scolairement correcte : c'est "tellement une bonne idée" de se lancer dans une kermesse, qui clôt l'année, soude l'équipe enseignante, améliore les relations parents-enseignants menant un projet commun et prenant le temps de faire connaissance, apporte des sous vraiment très utiles dans la coopérative et ... fait la joie des enfants.

Mouais.

2. Ensuite la cruelle confrontation à la réalité. La première réunion préparatoire où on se retrouve à 12 parents maxi (toujours les mêmes) et une petite moitié de l'équipe pédagogique. La galère de collecter des lots pas trop minables chez les aimables commerçants du quartier. Si on a été assez fous pour se lancer dans une brocante, le musée des horreurs, à trier, nettoyer, étiqueter, présenter. Si on a eu le malheur de proposer un stand arbre à bonbons, les deux soirs passés à attacher du bolduc aux 200 carambars ou à empaqueter dans du papier journal les petits lots de la pêche miraculeuse. Les kilos de bonbons et boissons à trimballer. Les mètres de guirlandes à installer. Les centaines de sandwiches à tartiner.

Le jour venu, la pluie, un 25 juin. Le froid si on fêtait Carnaval. Le tour de reins si par inexpérience on avait dit "mettez-moi où ça vous arrange" et qu'on s'était retrouvé comme par hasard au stand "chamboultout" (celui on se baisse 1500 fois pour ramasser les boîtes de lait maternisé et les balles en chiffons). Les mains gercées l'après-midi où j'avais voulu innover avec l'activité "savon à faire remonter le long d'une planche" (froid+eau savonneuse=crevasses garanties si on ne s'est pas munis de ses gants de vaisselle).

Après, le rangement, le ménage (les mêmes 12), la déchetterie (pour ce qui n'a pas pu être fourgué à la brocante), les comptes (c'était moi la trésorière, poste très peu convoité) pour s'apercevoir qu'on avait perdu les factures de Franprix et qu'on avait gagné trois francs six sous.

3. Pire encore, la version "off", décourageante

La flemme de ceux qui ne ramassent pas un papier (ah bon, ce ne sont pas les femmes de service qui balaieront ?), se barrent (je peux revenir les chercher à quelle heure ? ), les critiques (les merguez étaient un peu trop cuites ; l'année dernière, il me semble que les stands étaient mieux), la grossièreté (mon petit chéri, tu peux passer devant tout le monde ; vous auriez pas un autre lot, celui-là il l'a déjà ? ), l'humour la dérision facile.

4. Et enfin, ce qui reste vingt ans après le bicentenaire de 1989.

Le meilleur taboulé de ma vie (préparé par des parents libanais et dégusté sur les tables de la cantine). Mon pull noir en grosse laine avec des nounours brodés que j'arborais pour ne pas mourir de froid derrière la buvette. Une tarte aux abricots pas trop présentable qu'E. craignait de voir délaissée à côté des préparations plus réussies des autres mamans. Les grosses larmes qui me coulaient dans la gorge à voir les enfants hésiter dans la chorégraphie de Justin le petit lapin. L'amusement de fabriquer des déguisements. Des amis (recrutés parmi les 12 balayeurs) encore à nos côtés.

Kermesse2

La certitude que, si c'était à refaire, je m'y précipiterais les yeux fermés (peut-être pas deux fois plutôt qu'une, à vrai dire). 

05 mai 2009

Speech à double tranchant

Speech_parents copie

Cette photo est extraite du film "Rachel getting married" et représente un père de deux filles assis à côté de sa seconde femme lors de la "soirée de répétition" du mariage de l'aînée Rachel. On est en fin de repas, l'ambiance est détendue. Les deux familles sont heureuses de s'accueillir mutuellement. Chaque proche des mariés répète le discours qu'il fera le lendemain et teste ses jokes. 

C'est une scène magistrale car, comme en témoignent le regard affectueux du père et celui anxieux de la belle-mère, dans le même temps, les convives appréhendent le moment où la plus jeune sœur, à peine sortie d'une cure de désintoxication, va prendre la parole. Finalement, après avoir longtemps hésité, Kim prend le micro et se lance dans une improvisation désespérée interminable et maladroite : ne réussissant à parler que d'elle-même, elle monopolise une fois de plus l'attention sur elle, ce qui finit d'exaspérer Rachel.

Cet extrait reflète toutes les ambiguïtés des discours et toasts portés lors des fêtes. 

On pourrait rêver un temps n'avoir que des orateurs surdoués, des amis sobres à l'humour subtil, des parents discrets et néanmoins présents, une fratrie modèle. Heureusement, il en est toujours autrement.

Le merveilleux témoignage de reconnaissance qui vous tire les larmes alterne avec les plaisanteries oiseuses de fin de banquet ; le discours insipide de celle qui se prétend meilleure amie suit les paroles tout droit sorties du cœur brisé d'un témoin cabossé ; les bavardages qui occupent le terrain s'opposent au silence de la mère qui ne réussit pas dire un mot ;  l'amour coexiste avec la jalousie et le ressentiment ; le bonheur de trinquer à l'avenir s'entrechoque avec le désarroi des pertes inconsolables.

La scénariste Jenny Lumet (la fille de Sydney) ne nous épargne aucune longueur des discours et le réalisateur Jonathan Demme filme caméra au poing, comme aurait pu le faire un invité à la fête avec son camescope.

Sur le fil du rasoir, comme dans la vraie vie.

Speech_anne

J'ajoute que tous les acteurs sont remarquables : Anne Hathaway (Kim), Rosemarie Dewitt (Rachel), Bill Irwin (le père), Debra Winger (la mère). 

Ecouter la critique radio de Juliette Bénabant sur le site de Télérama.fr

28 avril 2009

Dans la foulée de "Nos secrets pour faire la fête"

La contrepartie de faire partie de la catégorie hyperprivilégiée de ceux qui décident librement de leur emploi du temps sans avoir à se soucier de gagner leur vie (et qui sont en bonne santé) est d'avoir à se poser régulièrement la question des priorités à donner à leur vie. Bienheureux ceux qui ont leurs journées remplies d'office par leurs études, clients et gamins.

J'entends vos ricanements : c'est ça, ton problème ? Figure-toi en plus que les problèmes existentiels ne sont pas réservés aux retraités et bourgeoises oisives ...

Ouais, mais ça ne m'interdit pas de m'en poser aussi.



Notre temps 

Photo Liivian Talossa

Dès que les narcisses fleurissent, je commence à m'inquiéter sur ce que je ferai à la rentrée prochaine : quel temps raisonnable consacrer à la famille  ? est-il vraiment indispensable de m'engager à nouveau dans une action de solidarité envers des publics démunis ?  comment optimiser l'activité que j'aime vraiment (surprise ! = écrire sur les fêtes) ?

Et la question récurrente du bon équilibre entre être efficace (= pour avancer dans mes différents projets et être un peu contente de ce que j'aurai réussi à faire) et savoir perdre du temps (= papillonner, bavarder, écrire sur ce blog sans espoir de retour, se rendre disponible et ... s'autoriser quinze jours d'états d'âme à l'arrivée du printemps, annonciateur d'un terrible automne à venir). 

Pour me sortir de ce marasme, j'ai reçu le numéro de mai de Notre Temps dans lequel Sylvaine de Paulin a écrit un chouette article de 4 pages joliment mis en page intitulé "Nos secrets pour faire la fête", inspiré de mon livre et qui me met en première ligne.

Notre_temps2

Allez, au boulot !


OU ET QUOI CHERCHER ?

Recherche interne

Des livres pour régaler les potes

  • Jean-Pierre Coffe: Le plaisir à petit prix
    Des repas de famille mais aussi des idées de repas de fêtes bons et pas chers
  • S. Beauregard et Véronique Chapacou: 15 Bonnes raisons pour faire la fête
    14 menus de fête pour toutes les occasions de l'année plus des idées de déco de table. Irrésistible.
  • Auteure : Annick Jeanmairet
    Graphiste : Sébastien de Haller
    : MISE EN BOUCHE
    20 suggestions d'amuse-bouche, surtout inspirées d'Italie simples et joliment colorées, comme la brochette tricolore (mini mozzarelle, tomate cerise, bille de melon). Ton décoiffant.
  • Nathalie Le Foll et Cléophée de Turckheim: GARDEN PARTY
    Présentation chic mais recettes simples et pratiques (grandes salades, plats préparés d'avance, idées de boissons).
  • PETITES FETES ENTRE COPAINS
    140 recettes spécialement conçues pour tous les types de soirées (buffets, dîners, pique-niques,...)