Voici deux informations qui, me semble-t-il, ont peut-être à voir l'une avec l'autre.
Dans un communiqué, M6 se félicite de son
émission quotidienne "Un diner presque parfait", diffusé hier jeudi 2 avril à 18h00 qui a rassemblé en moyenne 2.4 millions de téléspectateurs pour une part d’audience de 21.9%
auprès de l’ensemble du public permettant à la chaîne de se placer en tête des audiences. A noter le très haut niveau auprès des ménagères de moins de 50 ans
avec une part d'audience de 41% sur ce public qui permet au programme
d’afficher son record de part d’audience sur cette cible cette saison.
Source : M6 / Médiamat - Médiamétrie
Crédit photo :TVMag.fr
La baisse de la fréquentation des restaurants inquiète la profession. Si l'on en croit leur Syndicat Synhorcat, les restaurateurs parisiens auraient enregistré au premier trimestres une baisse de 10,2 % de leur chiffre d'affaires par rapport au premier trimestre 2008. Cette baisse serait encore plus importante en région et atteindrait 20%, voire 50%, selon les régions et les structures concernées. Toutes les formes de restauration connaissent un repli de leur activité : non seulement les déjeuners d'affaires ont beaucoup baissé au cours des trois derniers mois mais les traiteurs organisateurs de réception ont vu leur activité se replier de près de 40%.
Source Le Monde du 10 avril 2009
Le Synhorcat fait sans doute monter la pression afin d'obtenir que la baisse de la TVA à 5,5% qui coûtera 3,5 milliards d'euros au budget de l'État soit anticipée au 1er juillet 2009 et que les contreparties envisagées - hausse des salaires et baisse des prix qui de toutes façons n'auraient jamais pu être quantifiées, ni vérifiées - soient le moins contraignantes possible.
Ce cadeau fait à la profession était une promesse du candidat Sarkozy, au même titre que la détaxation des heures supplémentaires (qui, elle, a coûté 4,3 milliards d'euros pour aucune augmentation d'activité, même au début 2008). Le slogan qui lui avait permis de gagner, il faut se pincer pour s'en souvenir, était "travailler plus pour gagner plus". A peine deux ans plus tard, l'idéologie sous-jacente de ce mot d'ordre, individualiste, anti-solidaire et consumériste a perdu ses adeptes en route.
Il faut être sourd et aveugle pour ne pas voir le retournement de l'opinion dû à la baisse du pouvoir d'achat et à la mise en lumière d'inégalités insensées de tout poil. Ce revirement s'exprime au travers des revendications pour une répartition plus juste des richesses (entre travail et capital mais aussi entre générations) et par la remise en cause de modes de consommation.
En matière de repas à partager entre collègues, amis, membres de la famille, on peut faire confiance à M6 pour avoir décelé la tendance : dans un Dîner presque parfait, cinq participants s'invitent tour à tour à leur domicile et sont notés sur le menu, la décoration et l'ambiance qu'ils ont préparés.
Photo de Renée Greusard : lire son article consacré à l'émission sur Eco89
Après avoir renoncé aux dépenses excessives de restaurant et de traiteur faute d'argent, d'autres habitudes ont des chances de s'installer plus durablement : chez soi, on aura vite compris que ce n'est pas si difficile de se lancer, que c'est beaucoup moins cher - surtout les vins - et souvent meilleur, on en aura fini avec les tralalas d'autrefois, on se sera régalés avec les plats et boissons qu'auront apportés les invités, on sera enchanté des compliments reçus, on se sera éternisés devant les desserts jusqu'à point d'heure, on aura trop rigolé à ranger la cuisine avec les copains.
Et après, les restaurateurs se demanderont quelle est le cadeau fiscal consenti en 2009 qui les aura empêchés de comprendre et de s'adapter à cette rupture ?





Dans la rubrique Saveurs de Jean-Claude Ribaut du Monde du 14 mars, une liste d'initiatives prises par des restaurateurs vient contredire cette opinion : Guy Savoy a supprimé l'addition pour les ados dans ses différents établissements, le guide Michelin a mis en ligne 900 restaurants proposant des "prix mitonnés", Alain Senderens, suivi par plusieurs autres chefs parisiens, ont fait le pari de "faire simple" et abordable, au moins au déjeuner.
A quand le dîner ???
Rédigé par : claire | 19 avril 2009 à 16:10
Je prévois d'ouvrir un magasin qui tourne autour de la fête et de la réception. Je souhaite faire un pôle "livre" orienté uniquement sur la fête et l'art de recevoir (guide, recette, conseils.....) Existe-t-il des grossistes ou des éditeurs spécialisés pour ce genre de lecture?
Rédigé par : philippe | 11 mai 2009 à 18:32
Pas à ma connaissance : il y a beaucoup d'éditeurs pour les recettes de cuisine. En ce qui concerne la fête, les libraires et les clients potentiels ne savent pas sous quelle rubrique classer ou chercher : bien-être, cuisine, savoir-faire (déco de la table): cela ne facilite pas les ventes.
Dans quelle ville sera votre magasin ?
Rédigé par : claire | 11 mai 2009 à 19:03